Description
Né à Lausanne en 1872 dans une famille fortunée, l'artiste pourra compter jusqu'au décès de sa mère en 1929 sur le patrimoine familial pour se lancer dans une carrière artistique sans entrave financière. A la suite d'une formation artistique effectuée à Londres puis à Dresde, il se décide à devenir peintre plutôt que musicien et s'installe à Paris en 1896 pour suivre l'enseignement d'Olivier Merson. A partir de 1914, de retour en Suisse, Auberjonois s'installe définitivement à Lausanne: artiste solitaire en constante remise en question, il se lie surtout d'amitié avec des écrivains, Ramuz ou Roud, des musiciens, Stravinski ou Ansermet, et reste à l'écart des cercles artistiques. Evoluant selon les périodes dans des palettes plus ou moins sombres ou colorées, son art figuratif repose sur des compositions où une simplification rigoureuse régit l'espace et l'expression. Inspiré par l'exemple de Cézanne mais aussi par les figures de Modigliani, l'artiste connaîtra une lente maturité artistique, atteignant son apogée artistique peu de temps avant sa mort en 1957. Il connaîtra de son vivant la reconnaissance de son œuvre en Suisse – achats de la Confédération, de collectionneurs principalement alémaniques et organisation d'expositions comme la rétrospective au Kunstmuseum de Winterthur en 1942 – et aussi en Europe – avec une participation à la Biennale de Venise en 1948 et exposition à la première Documenta de Cassel en 1955.
Peinte dans des tonalités de brun et rouge sombres, cette représentation d'une danseuse assise revêtue d'une chemise dans un intérieur dépouillé est une œuvre de maturité équilibrée et simplifiée d'un artiste qui ne craint plus autant les «vides» et les «trous» de composition qu'au début de sa carrière. La peinture, décrite comme «l'une des meilleures œuvres du maître» par des membres de Fondation Gottfried Keller, était jusqu'alors propriété de la Galerie Beyeler à Bâle qui la vend en 1964 à la Confédération. L'œuvre est référencée dans le catalogue raisonné de l'artiste sous le numéro 774.
2016/Ingrid Dubach-Lemainque//Übersetzung: BAK
Provenance
René Auberjonois, Lausanne/VD (1950–1957); Galerie Beyeler, Bâle (1957–1964); Confédération suisse.
Source: Archives des Collections d'art de la Confédération, Berne